SASOL (SSL-N)
Beaucoup plus intéressant comme valeur cachée serait une compagnie pétrolière qui ironiquement n'est pas dans le pétrole. SASOL est une compagnie Sud Africaine qui oeuvre depuis cinquante ans dans le développement de méthodes industrielles de conversion du charbon en carburants synthétiques. Pourquoi réinvestir dans ce secteur alors que l'incertitude sur le prix du pétrole fait reculer tous les groupes dans leurs plans d'expansion des sables bitumineux en Alberta. Deux raisons me viennent à l'esprit. Comme Peter Thiel de Clarium Capital http://www.ft.com/cms/s/0324f82c-fcc5-11db-9971-000b5df10621.html , je pense que le mur de liquidité qui motive toutes les récentes OPA et acquisitions privées sont le fait du recyclage des pétrodollars qui s'accumulent depuis maintenant 3 ans avec la hausse du prix du pétrole. Thiel estime cette hausse du prix du pétrole à une taxe privée que les pays de L'OPEC ont imposée aux pays importateurs au rythme de 600 Milliards de $ par an. Evidemment tout cet argent doit aller quelque part en fonds de couverture, fonds privés, appartements de luxe à Londres, etc... Le seul endroit ou les pétro-financiers ne réinvestissent pas, c'est dans le pétrole, sans aucun doute par souci de diversification. Ca expliquerait en partie pourquoi les cours bénéfices des conglomérats pétroliers sont inférieurs à 15 pour la plupart. Evidemment le fait que leur cash-flow doit être dépensé intensivement pour la recherche de nouvelles sources pétrolifères est aussi un facteur de ces multiples sous-évalués. L'autre raison pour réentrer dans le secteur énergétique est plus intuitive. Lors de la dernière réunion avec Warren Buffet, les actionnaires de Berkshire Hataway se sont fait dire qu'il viserait gros pour sa prochaine acquisition, possiblement jusqu'à hauteur de 47 Milliards$. Il a également mentionné que les valeurs sous-évaluées n'étaient plus si évidentes sur les marchés Américains et Européens et qu'il devra fort probablement investir ailleurs, possiblement en Afrique du Sud. Il appert que la valeur de marché de SASOl est de l'ordre de 20 Milliards $. Advenant une course avec plusieurs acquéreurs, le prix d'acquisition pourrait facilement monter à 40-47 Milliards $. Qui plus est Buffet a investi dans PetroChina qui a justement un partenariat avec SASOL sur un projet de liquéfaction de mines de Charbon dans le Nord de la Chine. D'après Thiel le mur de liquidité pétrolière est un précurseur d'inflation soutenue à long terme. Une super-inflation qui forcera les banques centrales à relever leurs taux d'intérêt drastiquement. Les valeurs des obligations devront prendre la pente descendante et ceci après un cycle ascendant depuis 1982. Sa solution semble s'orienter vers les futures des taux d'intérêts. Pour Tricast une solution pour profiter du potentiel de SASOL serait de réduire le portefeuille d'obligations. Si l'appréciation de SASOL se réalise i sera toujours temps de refaire le plein en obligation lorsque les taux seront à leur apogée (10%?). Reste à évaluer la qualité des ratios et le risque de SASOL. Le Ratio CB est prometteur à 10,75, la croissance des bénéfices à 15% sur 5 ans est impressionnante, ce qui donne un PEG de 75%. En bas de 1 le PEG montre un signe de sous-évaluation du marché. Le ratio PB est à 2,71 un peu chérant mais pas pour le secteur. Le PEB (PE x PB) est à 29 ce qui est un peu plus élevé que le maximum de 22,5 prôné par Benjamin Graham, mais considérant le secteur stratégique et la rareté des achats de valeur on peut vivre avec. Le dividende à 2,36% est respectable. L'endettement à 0,3 de l'équité est également un plus. L'entreprise rachète ses actions à coup de 7 Millions. Le management vu de loin a l'air respectable; évidemment très Afrikaners. A vérifier avec nos contacts Sud Africains Faizel Ghood et Hendrik Van Der Merwe. La position concurrentielle du groupe semble très solide car ce type de filière technologique est difficilement réplicable à court terme. Les groupes partenaires préfèrent profiter de l'expertise acquise par Sasol depuis 50 ans dans les carburants synthétiques en s'associant avec eux dans des projets en joint-venture. Leur méthode semble écologique avec l'émission la plus faible de tous les carburants diesels en gaz à effets de serre. La réglementation internationale vise de plus en plus à réduire aussi les fines particules que l'on retrouve avec les véhicules fonctionnant au diesel. Cette technologie est déjà prete pour ces nouvelles normes. De plus les réserves de charbon sont sensiblement plus élevés que le pétrole. Pour la chine seulement on l'estime à plus de 400 ans, alors qu'en pétrole on a pour moins d'un siècle. Au niveau des risques il y a évidemment la tenue du Rand qui a déjà connu des baisses spectaculaires causées par les aléas politiques. Il n'est pas rare de voir des baisses du RAND de 30% et plus en moins de 6 mois. Ces fluctuations peuvent être au détriment des résultats financiers car une bonne partie de leurs revenus est générée à l'étranger. Pour notre investissement sur la bourse de NY il faudra surtout surveiller le taux de change USD/CND. Le graphique de l'évolution du titre montre qu'on est à un plateau autour de 35$ depuis 1 an. http://stocks.us.reuters.com/stocks/charts.asp?symbol=SSL.N Mais la tendance semble se relever et on est sur la courbe à long terme. Le stock était à 5 $ en 2002 , un rendement de 7X la mise en 5 ans. Pas mal pour du diesel vendu au tiers monde plutôt que des lunettes de soleil de luxe (2x la mise en 5 ans).
